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31.07.2006
"Libéral": un gros mot; "Ultra Libéral" une insulte !!!
Diaboliser ce qui est hérétique par rapport au dogme, et ainsi fuir le combat idéologique et la confrontation des arguments, telle est l'attitude paresseuse et couarde de la gauche française. Comme de bien d'autres concepts, il en est ainsi du qualificatif de "Libéral" qui plus qu'un gros mot est devenu une insulte qui d'entrée de jeu décrédibilise le malheureux qui s'est aventuré à émettre une opinion hors la norme imposée par le concert intello médiatique français.
Qu'y a t il de si diabolique dans ce Libéralisme ciment de la vie économique et sociale partout dans nos sociétés occidentales, sauf en France ?
Je vous invite à en trouver une excellente définition synthétisée sous la plume de mon amie Anne et reprise ici avec son accord:
Le libéralisme est difficile à cerner, car il n'est pas fondé sur des dogmes intangibles, mais sur des principes.
D'abord la liberté de l'individu qui passe par sa capacité de choisir, de penser et d'agir, l'associant indissolublement aux Droits de l'Homme.
La liberté d'entreprendre en découle naturellement.
L'existence de l'Etat n'est pas remise en cause par le libéralisme : une collectivité ne peut exister sans règles, et qui dit "règles" dit "contrôles". Et l'Etat doit intervenir dans l'intérêt général, pour lutter par exemple contre des effets néfastes et indésirables comme la pollution (produite par quelques uns, elle est subie par tous) : le principe "pollueur payeur" est par essence un principe libéral !
Les libéraux demandent aussi à l'Etat de lutter par la définition de règles de droit contre les asymétries dans les relations entre les citoyens.
Mais loin de le déifier, les libéraux veillent à ce que l'Etat ne se substitue pas aux citoyens.
En France, la toute puissance excessive de l'Etat déresponsabilise ces derniers et conduit de facto à une société inégalitaire !!
Le libéralisme ne s'oppose pas du tout à la protection sociale : la seule limite repose sur le niveau des effets négatifs : trop d'aides qui permettent de vivre médiocrement sans travailler, mais de vivre par exemple ! ou des prélèvements excessifs qui pénalisent les actifs, leurs conditions de vie et le bien-être collectif aussi, jusqu’à les démobiliser.
Une société libérale repose sur la liberté de choisir, principe qui forme le socle de la démocratie ; la concurrence, qui fonde les mécanismes de marché n'est pas autre chose que cette liberté de choix appliquée à l'économie : elle est un gage d'efficacité, et les monopoles dangereux qui restreignent la liberté de choix, réduisent la capacité de régulation seront combattus par le système libéral.
Faute de contre-pouvoirs aux monopoles, ceux-ci donnent des moyens de pression considérables, dont celui de bloquer la collectivité à une poignée d'individus qui les utilisent à des fins personnelles et corporatistes (ça ne vous rappelle rien ?).
Ce que l'on appelle démantèlement du service public n'est que la restitution aux citoyens de leur droit de choisir et le devoir pour le service public d'être régulé !!
L'Etat doit responsabiliser les citoyens, ce qui va à l'encontre des intérêts de groupes de pression qui se le sont appropriés : on comprend mieux les craintes de certains envers le libéralisme, évidemment, surtout en France !!
Il y a de multiples formes de libéralisme, mais chacune se caractérise par le respect des opinions d'autrui, le refus du dogmatisme.
Au final, ce qui fonde le libéralisme, c'est le réalisme.
Il peut y avoir un libéralisme à la Française, permettant une adaptation mesurée de ces principes à notre culture et à nos traditions, tout en sortant du carcans dans lequel nous vivons depuis si longtemps et qui a abouti à un échec cuisant parce que de plus en plus inadapté à notre époque.
16:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Libéralisme, Ultra libéralisme, gros mot, insulte, diabolisation, diaboliser, tactique
Trackbacks
Qu'est ce que le libéralisme?
Sait-on vraiment ce qu’est le libéralisme? Voilà une question qui mérite d’être posée, en ces temps où en France être libéral est presque une infamie. Nos médias prétendent souvent que le monde autour de nous est devenu libéral, voire “ultra-libéral”, ...
Trackback par : Chroniques libérales | 01.08.2006
Commentaires
voici un article de Jean-Claude Bardet in Le choc du mois n°24, repris par http://genevieveetlesgarcons.hautetfort.com/
Je trouve ce point de vue intéressant, mais souscris globalement à ta vision mesurée des choses. J'ai cependant une profonde aversion pour le productivisme et le matérialisme qui sont deux effets des doctrines libérale et marxiste.
"Le libéralisme est un ennemi, dans la mesure où les valeurs qu’il véhicule et met en place, concrètement, sont l’individualisme et le mondialisme. En ce sens il est aussi une idéologie, une machine à liquider les identités collectives.
Le libéralisme constitue le noyau dur de la modernité, qui voit l’émergence et le triomphe de l’individu autonome, rationnel et calculateur, en clair un individu débarrassé de ses appartenances traditionnelles et des contraintes qui s’y rattachent. Selon Charles Maurras, un individu en insurrection contre son groupe. A l’encontre des sociétés traditionnelles qui donnent la priorité à la communauté, le libéralisme affirme qu’il n’y a pas d’autre base d’évaluation du bien et du juste que l’ego individuel, et donc pas de meilleur régime que celui qui garantit le libre exercice du choix et du calcul privé. A l’homme enraciné, il substitue l’individu déraciné, indifférencié puisque détaché de tout ce qui fait sa spécificité
Avec le XVIIIè siècle, les Lumières libérales fondent en effet une nouvelle conception de l’homme, en rupture avec le passé. Les individus ne sont pas seulement autosuffisants, libres et égaux, ils sont censés constituer la société par un choix volontaire visant à la maximalisation des avantages. C’est la fiction du contrat social. Selon la représentation que donnent les Lumières, les loirs qui gouvernent une société sont le résultat des comportements individuels. La société est définie comme une simple addition d’atomes individuels, et le seul mode d’intégration concevable est l’échange ou le marché. Dans la théorie libérale, l’économique est le seul ordre qui organise la coexistence et fonde le social.
Ce schéma véhicule aussi la croyance que les libéraux partagent avec les marxistes, selon laquelle la poursuite du gain matériel est l’antidote aux passions humaines qui conduisent à la discorde et à la guerre. Tous les conflits peuvent être régulés par le marché. Ce qui en résulte du point de vue politique, c’est que le rôle de l’Etat doit être restreint, voire aboli. La société n’est pas politique, mais d’abord fondée et organisée par des relations privées. C’est pourquoi le libéralisme évacue toute réflexion sur le concept de politique. Il est donc indifférent à des notions comme celle de la souveraineté."
Ecrit par : phiconvers | 06.08.2006
Phiconvers,
Quelques remarques:
Les moyens modernes de communication physique et de l'information rendent la mondialisation inévitable. Le problème n'est pas de la contrer, mais d'en limiter les effets néfastes. OMC, OIT, ou autres devraient pouvoir réguler les effets pervers éventuels du système dont tu cites certains (concurence sociale, fiscale, productivisme, ...).
Quand tu parles "de liquidation des identités collectives", oui peut être, mais l'identité collective suprême est mondiale et on pourrait dire humaine. Du petit territoire de la tribu, en passant par le chef lieu de département à portée de cheval, à l'ère de l'A380 et Internet, où peut se situer la limite de l'identité collective actuelle et future?
Enfin, même si une société vivant en économie libérale parfaite doit être capable de s'autoréguler dans le temps, il parait difficile et à mon sens inopportun d'évacuer la primauté de décision finale du citoyen dans l'organisation sociale via la politique. Vaste débat.
Ecrit par : yves | 08.08.2006
Yves,
Ca c'est ton libéralisme. tu as le mérite d'être plus clair que d'autres.
Ecrit par : paramo | 02.09.2006
Yves,
Ca c'est ton libéralisme. tu as le mérite d'être plus clair que d'autres.
Ecrit par : paramo | 02.09.2006




