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01.09.2006

« Les deux grands partis n'intéressent plus personne »

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Comme de temps en temps, je me permets de reproduire un article ou une intervention apportant un regard neuf et original sur la situation politique et sociale de notre pays. A côté du problème de la teneur et de l'impact du discours politique, de son passage vers l'opinion via les relais de communication, cette analyse est aussi un révélateur de plus des méfaits de notre 4ème pouvoir médiatique qui fait et défait hommes et idées pour agiter la courbe d'audience comme on mâche un chewing gum et le jette quand il n'a plus de goût; tout ceci finalement à la surface des choses et en déconnexion des vrais préoccupations des gens. Mais je vous laisse à une lecture bien plus riche que mes modestes propos et qui ne peut que nous amener toutes tendances confondues à de nouvelles reflexions:


Interview Emmanuel Todd, Sociologue et démographe
« Les deux grands partis n'intéressent plus personne »


Un an avant la présidentielle de 1995, il avait été le premier à théoriser la fameuse « fracture sociale ». Plus de dix ans après, il constate que les classes moyennes sont à leur tour entrées en dissidence politique.


Propos recueillis par Christophe Deloire

Le Point : Votre fameuse note de 1994 sur la « fracture sociale » avait inspiré Jacques Chirac pendant sa campagne pour l'élection présidentielle de 1995. Serait-elle toujours pertinente ?

Emmanuel Todd : Un événement nouveau s'est produit depuis cette note où je décrivais comment la gauche s'était détachée du peuple. A l'époque, les classes supérieures contrôlaient encore les classes moyennes. Ces dernières croyaient volontiers à la pensée libérale, européenne. Mais le référendum sur la Constitution prouve qu'après les classes populaires elles sont entrées à leur tour en dissidence politique. C'est un fait crucial. L'idée dérivée du marxisme selon laquelle l'Histoire est faite par le prolétariat est fausse. La Révolution française, la révolution russe et même le nazisme se sont joués dans les classes moyennes.

Est-ce à dire que la période est prérévolutionnaire ?

Je n'ai pas en tête l'image de la Révolution. Je songe plutôt à ce moment de l'histoire de Rome où le peuple, la plèbe, a fait sécession et s'est retiré dans un quartier de la ville pour contester le pouvoir des patriciens. Les classes moyennes, ça pèse très lourd. Déjà, Aristote estimait qu'un système politique doit s'appuyer sur des classes moyennes prospères et stables.

Pourquoi n'éprouvent-elles plus le même respect pour l'élite ?

Le discours de l'adaptation à la globalisation économique et financière n'est plus perçu comme moderne et raisonnable. Les partis politiques qui ont été désavoués au dernier référendum sont qualifiés de raisonnables dans les journaux, mais la population les trouve déraisonnables. Ces partis ont en commun l'incapacité de réguler la mondialisation. Les classes moyennes veulent une Europe capable de protéger, et qui ne soit pas le cheval de Troie de la globalisation.

Avons-nous le choix de nous opposer au marché ?

Au marché sans régulation, évidemment. Mais les gens d'en haut acceptent le libre-échange, car les inégalités ne sont pas graves quand on est du bon côté. Ces puissants sont confrontés à une population qui refuse leurs projets ou leur absence de projets. Si bien que les classes dirigeantes tentent d'empêcher que le désir de la population s'exprime à travers le vote. Elles tentent de neutraliser le suffrage universel.

Comment ?

Les gens ont le sentiment que ce qui les intéresse, ce qu'ils souhaitent, est interdit de débat public. Le corps électoral est obligé de ruser avec une classe dirigeante qui n'en fait qu'à sa tête. Comme les électeurs voient que les politiques refusent d'agir, à chaque élection ils éconduisent le vainqueur précédent.

L'alternance n'est-elle pas une vertu démocratique ?

Au dernier référendum, j'ai voté « oui », mais le « non » a gagné, et les gens du « non » doivent être entendus. A la prochaine présidentielle, l'un des deux grands partis va-t-il représenter les gens du « non » ? Je n'en suis pas certain. Alors existe la menace d'un triomphe du Front national. Au stade actuel, je pronostique un second tour entre le Parti socialiste et le Front national.

Ces perspectives sont-elles la conséquence de l'échec des politiques ?

Ce serait l'ultime illusion de croire que c'est la faute des hommes politiques. Ces derniers ne peuvent agir qu'en relation avec une idéologie dominante. Ce système de croyances, qui dit que seules les privatisations, le marché et le libre-échange sont concevables, ne convainc plus. Les notes des inspecteurs des finances invoquent la théorie des avantages comparatifs de Ricardo comme si c'était un canon de l'Eglise. On ne le croit que dans un microcosme.

Pourquoi la résistance à la mondialisation semble-t-elle une exception française ?

La France ne fait pas exception. Simplement, si elle est faible du point de vue de la créativité en science économique par rapport aux pays anglo-saxons, elle produit et parfois exporte de la sociologie et de la révolte politique. Même les enfants d'immigrés y sont politisés comme nulle part ailleurs. Il y a chez nous une valeur égalitaire qu'il n'y a pas en Grande-Bretagne, liée à l'héritage des structures familiales. Outre-Manche, la primogéniture et le testament étaient en vigueur. L'Angleterre est le pays des différences acceptées. A l'inverse, dès le XVIe siècle, la famille paysanne du Bassin parisien était fondée sur une valeur d'égalité féroce, comme c'était le cas à Rome sous le Bas-Empire. Si l'on comprend que nos schémas mentaux viennent de Rome, vous imaginez bien que ce n'est pas en quelques années que l'on va changer les moeurs françaises.

Du point de vue des immigrés, l'égalité n'est-elle pas seulement formelle ?

Le rapport d'égalité permet de comprendre pourquoi le pourcentage des mariages mixtes est si élevé en France par rapport aux autres pays. Nous avons l'idée que les hommes sont les mêmes partout. La variable égalitaire permet de dire que, si les populations immigrées ne sont pas trop différentes en termes de moeurs, l'intégration sera plus facile qu'ailleurs. Sinon, il y a un potentiel de rejet très fort. C'est parce que la famille immigrée se désintègre plus vite en France qu'en Grande-Bretagne que les problèmes de délinquance y sont aussi importants.

C'est la raison du vote d'extrême droite ?

A partir du milieu des années 80, les classes supérieures refusaient de constater que les milieux populaires avaient un problème avec les immigrés, avec le statut de la femme maghrébine.

A l'époque, le discours des élites était optimiste, multiculturaliste, méprisant envers les classes inférieures. Aujourd'hui, les gens sont moins intéressés par l'immigration que par le chômage et les problèmes économiques, mais la droite ranime la thématique de l'immigration. Alors que ce n'est plus ce que les classes populaires ont prioritairement à l'esprit, les classes supérieures cherchent désormais des boucs émissaires. J'ai d'ailleurs le sentiment qu'est en train de s'opérer un renversement du même ordre pour la thématique sécuritaire.

Il y a une dizaine d'années, les classes privilégiées ne voulaient pas parler du problème de la sécurité dans les quartiers. Maintenant, alors que la société française voudrait entendre parler de modification des règles du jeu économique, elle n'a plus droit qu'à un discours sécuritaire, dont on constate pourtant à chaque élection qu'il ne paie pas électoralement.

L'impopularité actuelle de la droite est le résultat d'un programme sécuritaire. Mais il faut dire que, dans une société de plus en plus inégalitaire, les privilégiés vont vouloir jouir en toute sécurité de leurs richesses. La sécurité est peut-être en train de devenir l'obsession des gens d'en haut.

Ce sont les élites ou les autres classes sociales qui se sont refermées ?

Si vous avez 1 % des gens qui font des études supérieures, et qu'ils sont disséminés sur le territoire, ils ne peuvent pas vivre en vase clos. S'ils constituent 20 % de la population, cela devient possible. Le système politico-médiatique et sondagier est un morceau de système social qui ne tient plus guère compte de la société.

Les études servent pourtant à effectuer des mesures à grande échelle.

Les sondages d'opinion nous entretiennent dans une vision irréelle. Certains sont utiles, mais ils ne sont jamais validés lors des élections. Ils reflètent l'opinion journalistique commune. L'atteinte de l'opinion des milieux populaires est difficile en dehors des périodes électorales. Le combat titanesque à venir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n'existe que dans la tête des journalistes.

Comment sonder le tréfonds du pays ?

Pour mieux percevoir le corps électoral, je recommanderais aux commentateurs de comprendre qu'en matière politique les électeurs français sont moins intéressés mais beaucoup plus compétents qu'on ne le croit.

Quel type de président les Français voudront-ils élire en 2007 ?

Chirac a sérieusement ébranlé l'image du père de la nation. Il faut dire que les systèmes familiaux contemporains n'encouragent pas les images paternelles fortes. De toute façon, cette problématique est très « people ». Les commentateurs sont passionnés par la représentation des gens sur le plan symbolique. Mais les gens se moquent de quel genre serait le personnage qui occuperait l'Elysée, pourvu qu'il ait un programme. La politique ne consiste pas à s'intéresser au style et à la vie affective des détenteurs du pouvoir.

La morale publique est-elle un point important ?

Cela ne passionne pas les gens. Nous ne passons pas notre vie dans un monde de corruption. La contestation du CPE a augmenté quand on a annoncé l'augmentation des profits des entreprises du CAC 40 et du nombre de milliardaires dans le monde. Qu'il n'y ait plus de limites aux privilèges, voilà la question cruciale.

L'affaire Clearstream a pourtant fait couler beaucoup d'encre.

Les deux grands partis politiques n'intéressent plus personne. Ils parlent tout seuls. Donc apparaissent des phénomènes d'hystérisation de choses insignifiantes.

Mais avec cette affaire les journaux ont accru leurs ventes !

20 % d'augmentation de tirage pour un quotidien français, c'est insignifiant à l'échelle de la société française. Cela prouve tout juste l'isolement d'une classe par rapport aux autres. Le dossier a fait apparaître un début de dimension psychiatrique. Comme la situation sociale est immaîtrisable, les élites fuient la réalité.

Les passions politiques des classes supérieures vont se loger dans des préoccupations sans rapport avec l'intérêt de la population, comme aujourd'hui la réintroduction des ours dans les Pyrénées. L'historien de l'année 2030 trouvera que c'était parfaitement secondaire. Non, j'exagère : l'un d'entre eux écrira une superbe thèse d'inspiration structuraliste sur la réintroduction

09:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : politique, écoute, fracture sociale, média, prérévolutionnaire, élite, classes moyennes

Commentaires

C'est malheureusement vrai que les 2 grands partis, ceux qui sont en situation de gouverner n'intéressent plus personne : à force depuis prés de 30 ans de faire des promesses qui ne sont pas tenues, les électeurs n'y croient plus, les élus n'ont plus de légitimité...et la rue gouverne (cf CPE).
Pour être élu, l'homme politique recherche l'électeur "moyen" : il ne construit plus de programme d'avenir : l'opinion est molle, la démagogie et la médiocrité des propositions devant générer l'adhésion la plus large.
Nous sommes, de plus, dans le règne de l'émotion : médias, sondages, internet, manifs : la représentativité démocratique nationale est forcément en décalage.
Le choc de l'image contamine le réel et le dramatise : cf encore le CPE : avant les manifs une grande majorité des Français se disaient pour cette réformette ; il y a eu un basculement immédiat dés la première descente dans la rue.
Les Français sont déboussolés, mais la classe politique dans son ensemble a bien tout fait pour ça depuis des décennies, navigant à vue.
C'est la démocratie qui est en danger, toujours précaire, jamais acquise, et la présence d'un parti extrème au 2ème tour de 2007 n'est certainement pas à exclure...sauf à entendre d'ici là un discours courageux et pédagogique (pas démago).

Ecrit par : Anne | 01.09.2006

bonsoir,

Je mets ma main à couper que le fn ne sera pas au second tour en 2007...et je ne suis pas sûr non plus que Le Pen aura ses 500 signatures. Pour plusieurs raisons :
- en 2002, le sentiment d'insécurité était 'à la mode' et pourtant Le Pen n'a fait que 17%. En 2007, il est fortement probable que PS et UMP feront chacun plus de 20%.
Le maximum que Le Pen peut rassembler (on l'a vu au second tour en 2002) ne dépasse pas 20%.
- Le Pen file vers les 80ans...ça joue quand même
- les élus ayant donnés leur signature à Le Pen en 2002 ont été échaudés par le résultat du 1er tour. Attendu qu'il n'y pas en France 500 élus étiquetés fn ou apparentés, bcp d'entre eux ont donné leur signature un peu par esprit démocratique (si vous voyez ce que je veux dire) et ne sont donc pas mobilisés plus que ça par la cause FN dont ils ont vu ce que coûtait le soutien. Le Pen n'aura pas, je pense, ses 500 signatures.
- En 2007, l'ump présentera un candidat clairement à droite contrairement à 2002. Sarkozy a fait de la lutte contre l'insécurité son fond de commerce.
Sarkozy a dit hier à Marseille 'la nation est une notion d'avenir'.

Le Pen est un homme fini.
Le FN va languir autour des 10% (sa base électorale) dans les 20ans à venir.

Ecrit par : Loïc | 01.09.2006

Loïc,

J'aime toujours ton optimisme.

Déjà, je ne crois pas que l'age de Le Pen joue contre lui. Les français n'ont pas l'habitude de voter pour des débutants.

Tant qu'il y a une "fracture" entre les citoyens et les politiques, JMLP garde des chances pour le deuxième tour. Comme NS risque d'être l'objet de phénomène de rejet (il fait quand même parti du gouvernement actuel, et l'alternance est une habitude chez nous), il risque même de se retrouver après JMLP.

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

Je ne suis pas aussi pessimiste que Nicolas, mais j'ai tendance à croire également que le vote FN est un vote protestataire de désespoir peu lié à l'age du capitaine, d'où la perpétuation du danger.
Pour NS, il est actuellement en roue libre pour ne pas faire perpétuellement la course en tête. On verra plus tard ses réserve d'attaque.
Je suis assez convaincu par contre que SR, qui a été gonflée par un emballement médiatique, va s'éffondrer un jour ou l'autre, avant ou après l'investiture (gare à l'effet chewing gum !). Si c'est après...

Ecrit par : Yves | 02.09.2006

C'est quoi l'effet chewing gum ?

Au fait, quand j'ai écrit que je pensais que Le Pen n'était plus un danger, je n'avais pas connaissance des récentes déclarations de Sarkozy a ce sujet.

Je ne suis pas si optimiste Nicolas, la preuve est que je considère qu'il y a hélas de bonnes chances que la gauche gagne en 2007 !

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

Yves, penseras-tu à enlever un jour le lien vers le blog de soutien au CPE ou es-tu nostalgique à ce point ?

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

Loïc, tu me réchauffes le coeur : la gauche peut gagner...

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

bien sûr que la gauche à des chances de gagner. il n'y a pas besoin d'être devin pour dire ça !
Je trouve toujours un peu concon sue sous prétexte qu'on défende quelqu'un, on fasse emblant qu'on soit sûr que ce quelqu'un va gagner. Je vois les strausskistes par exemple, ils disent des choses du genre : 'vous allez voir, DSK va gagner en 2007...'. C'est comme Le Pen qui est sûr qu'il va gagner avant chaque présidentielle.

non, au regard des sondages actuels, des rapports de force en France, du fait que la majorité sortante soit de droite, il y a de bonnes chances que la gauche gagne en 2007 présidentielles et législatives. Ce n'est pas ce que je souhaite, ni Yves, ni beaucoup mais c'est une éventualité.

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

Et c'est heureux !

Ce que je suis sûr : quelqu'un va gagner en 2007. Mais je ne suis pas sûr que ça soit la France...

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

La France, c'est pas grave. Mais pour les gens qui habitent en France (français et étrangers), c'est évident qui c'est embêtant que la gauche gagne avec son lot de recettes ringardes et coûteuses.

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

L'effet chewing gum, c'est quand la presse s'empare d'un sujet ou d'un personnage (récemment Ségolène), le mâche pour faire sortir le goüt (l'audience) et le jette quand il n'y a plus rien à tirer...
C'est encore un des effets désastreux de notre 4 ème pouvoir qui ne joue qu'en surface

Ecrit par : Yves | 02.09.2006

Souhaitons alors qu'elle le crache assez vite, dans les huit mois qui viennent quand même parce que la plaisanterie a assez duré, non ?
On dit que Chirac a décridibilisé la fonction de président de la république (je ne suis pas d'accord, mais bon, ce n'est pas la question), mais vous imaginez cinq ans de présidence Royal ! Cette femme est totalement incompétente, tous les gens qui ont bossé avec elle dans les ministères sont d'accord sur ce point. Elle manque totalement de profondeur et de charisme.
C'est pas possible qu'elle devienne présidente ou alors c'est un cauchemar ! réveillez-moi !

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

Sarkozy a de la profondeur ?

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

Nicolas, On est d'accord ou pas avec lui, mais on ne peut lui nier envergure, compétence, vision et art de la persuasion. En plus, je crois, pour avoir participé à des débats sur la programme, qu'il a une vrai volonté de réforme.
Et toi, tu trouves SR consistante? Tu crois qu'elle a l'envergure de la fonction?

DSK, honnêtement je suis probablement ok sur les qualités personnelles, mais personnellement je ne suis pas d'accord avec ses idées et son total manque de courage par rapport à la modernisation de son parti (qu'évidemment il sait nécessaire).

Ecrit par : Yves | 02.09.2006

D'ailleurs, lis le bouquin d'Etchegoyen, le philosophe ancien collaborateur d'Allègre et tu seras convaincu, au moins pour SR. (En plus, celui là, tu ne peux pas dire qu'il est vendu à la droite et aveuglé de sectarisme droitier!)

Ecrit par : Yves | 02.09.2006

Yves,

Je n'aime pas SR, je ne suis pas du tout convaincu par ses propos. Elle n'incarne pas la gauche que je revendique.

Il ne me reste donc plus que DSK en qui espérer, et je ne vais pas lui reprocher toutes les conneries du PS.

Celà dit, je n'aime pas dire du mal des gens de mon camp, et je préfère critiquer le camp d'en face.

A part ça, si tu trouves dans les différents blogs un propos flateur de ma part sur SR, je te remercie de me le "renvoyer à la gueule".

Dans deux mois, elle sera peut-être intronisée "candidate du parti", je ne sais pas ce que je pourrais dire. Mais je crois que je serais un peu perdu d'être obligé de la défendre.

NS a un art de la persuasion... Pour le reste des superlatifs, je ne suis pas sûr. Il a été ministre du budget du pire gouvernement de Mitterrand, un ministre inexistant d'un gouvernement de Chirac, et à part ça je ne vois rien en lui.

Je ne peux pas parler de volonté de réforme de sa part en oubliant qu'il est le numéro deux d'un gouvernement que l'on préfèrerait oublier.

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

sauf, Nicolas, qu''il y a quelques mois, alors que je te demandais pour la première fois où allait ta préférence au PS, tu m'avais répondu Ségolène Royal...mais c'est vrai, tu n'avais pas l'air très convaincu (je peux retrouver l'endroit, c'était sur ton blog).

moi, ça ne me dérange pas de dire du mal des gens de 'mon' camp. Je suis militant à l'ump, comme beaucoup pour le faire progresser, pour le moderniser et donc le travail commence par de la critique objective et argumentée.

DSK ? il manque totalement de courage et accepterait sans vergogne des communistes dans son gouvernement. Des types comme lui n'ont rien à apporter aux habitants de la France (je n'ai pas dit 'aux français') si ce n'est à quelques corporations pouvant l'aider à se faire réélire.

Ecrit par : Loïc | 02.09.2006

A l'occasion si tu peux me dire où que je rigole de moi-même...

J'espère qu'un type comme DSK n'aurait aucune vergogne à accueillir des communistes dans son gouvernements.

Ecrit par : Nicolas | 02.09.2006

Je croyais que la lecture des propos d'Emmanuel Todd vous ferait parler du fonctionnement interne des partis. Proposer des règles de fonctionnement qui permettraient de les ouvrir vers leurs représentés.
Niet !
Le problème sera quasiment le même quelque soit l'élu (sauf pour le fn) à moins que vous, les sympathisants durs, ayez plus de cervelles.

Je crois que Yves a perdu son temps. Anne, au secours !!

Ecrit par : paramo | 02.09.2006

Merci, Paramo !!! J'avais bien tenté d'élever et d'élargir un peu le débat...Quelles que soient les divergences ; je vois bien qu'on reste au ras des pâquerettes et autour de la personne des candidats ! :-) :-) :-)

Ecrit par : Anne | 03.09.2006

En fait, ce qui est grave en France, et pour notre soit disant démocratie, c'est ce que pouvait dire Mitterand: "Il suffit de se mettre dans la poche, ou contrôler 200 leaders d'opinion ou personnes influentes pour être élu président" (je ne me souviens plus des termes exacts, mais c'est à peu de choses près le sens), ou ce que peut dire aujourd'hui JF Kahn sur la bulle de quelques centaines de personnes qui contrôlent la France avec son vocabulaire, son système de pensée, ses privilèges... totalement en décalage avec la population.

Ecrit par : Yves | 03.09.2006

Ils expriment de manière plus prosaïque une bonne partie de ce que dit ET plus haut

Ecrit par : Yves | 03.09.2006

Or comme on le sait, les vrais leaders d'opinion sont à gauche et ça n'a rien à voir avec les groupes ou individus qui possèdent les différents médias, tv ou presse : les rédactions gardent toujours leur sacro-sainte liberté d'expression et de ton, quelque soit celui qui les paie !!

Ecrit par : Anne | 03.09.2006

Anne, je ne cesse de le dire ! une ligne éditoriale n'a rien à voir avec le propriétaire du média ou si peu. le but est de plaire au plus grand nombre, or le plus grand nombre, ce sont les couches populaires...mais ça rassure les gauchistes que de penser le contraire comme ça les rassure que de penser que les sondages sont manipulés.

J'en ai plus que marre parfois de me battre contre des moulins. je vais peut être arrêter de parler politique. l'ignorance et la bêtise commence à me déprimer. je ne veux pas me rendre malade pour ces gens.

Ecrit par : Loïc | 03.09.2006

Loïc,
l'ignorance mais surtout la bêtise sont insupportables, mais certains jours plus que d'autres et on espère toujours pouvoir convaincre : certains arguments paraissent si indiscutables !
On repart "à l'attaque", jusqu'au prochain coup de blues :-)...qui ne dure pas lorsqu'on a des convictions, et tu en as !
Cela dit, certains interlocuteurs finissent par nous lasser définitivement aprés un certain nombre d'échanges : on sait que les positions ne changeront pas ! Dans ce cas là, inutile de s'épuiser ! Fais comme moi, essaie la causticité, l'humour (cf échanges avec Christelle chez Devedjian : aprés une grosse colère, tu traites par le mépris et/ou l'ironie, et ça fait du bien ! :-)

Ecrit par : Anne | 03.09.2006

Ben oui, les leaders d'opinion sont à gauche.

Vous pouvez être navrés. L'intelligence est à gauche.

Ecrit par : Nicolas | 03.09.2006

Ah, super intervention Nicolas ! On pourrait commencer par définir l'intelligence, je suis sûre que nous ne ferions pas la même ! Mais je n'ai pas envie de me lancer avec toi dans un pseudo échange philosophique : étant de droite, j'aurais forcément le dessous, et tu comprendras que mon ego en souffrirait en ce beau dimanche.

Ecrit par : Anne | 03.09.2006

J'admets mettre livré à une facilité regretable, mais ça suivait un de tes commentaires déplorables ("les vrais leaders d'opinion sont à gauche") nous expliquant une nouvelle fois que la presse est à gauche, en oubliant qui est propriétaire de la presse.

Ecrit par : Nicolas | 03.09.2006

Mon post n'était pourtant pas bien long à lire, et j'y expliquais que la ligne éditoriale n'avait rien à voir avec les bailleurs de fonds : il faut vendre et au plus grand nombre. En bref, pour que tu comprennes bien : les journalistes restent indépendants sur contenu d'un média, quelque soit le propriétaire. Et lis le post de Loïc, il ne dit pas autre chose.
"commentaires déplorables", "propos abjects" : je crois que c'est toi qui touche le fond, Nicolas, parce que franchement il n'y a aucune raison que tu te montres aussi virulent et insultant à mon égard : essaie de lire ce que j'écris sans à priori pour commencer : mais en es-tu capable ? Je ne pense pas, sincèrement.
Tu ne serais pas un peu mysogine par hasard ?

Ecrit par : Anne | 03.09.2006

Non, Anne. Et si tu pouvais me rappeler où j'ai été insultant dans les propos ci-dessus ?

Ecrit par : Nicolas | 03.09.2006

La bulle, cette bulle de gens des médias et d'intellectuels auto-désignés est en fait le résultat du contre coup 1968 où les médias ont alors été envahis par les leaders d'opinion du moment, qui depuis se cooptent les uns les autres la plupart du temps indépendamment de l'opinion de l'actionnaire qui finalement y retrouve son intérêt, la démagogie de gauche apparemment proche des préoccupations des gens étant génératrice d'audience.
Quant à l'état actionnaire, il a tellement peur de se faire accuser d'interventionnisme dans ce qu'on appelle encore, on se demande pourquoi, le service public de l'audiovisuel, que pusillanime il laisse celui-ci entre les mains des journalistes gauchistes de tous poils et de leurs syndicats adhoc.
A cet égard, on vient d'avoir la confirmation que le président de France 2 avait cédé aux syndicats, et que Béatrice Schönberg serait éloignée de l'antenne durant la campagne présidentielle ! Son tort, avoir épousé un dangereux fasciste notoire, un ministre radical pas socialiste ! Quelle motivation à cette jurisprudence sans précédent? Le mariage serait donc plus dangereux pour la déontologie journalistique que l'encartage dans un parti? Le mariage avec un ministre non socialiste serait donc une raison d'éviction, alors que la mariage avec un ministre socialiste (C. Ockrent) a été une garantie de porfessionalisme et d'objectivité?

Ecrit par : Yves | 04.09.2006

Bonjour viens faire un tour sur notre blog anti-pensée unique http://demarchcitoyenne.skyblog.com/
je suis sur qu'il te plaira.


Sinon perso au 1er tour je vois bien un lepen/sarko au 1er tour...Le ps est foutu et les autres partis n'ont plus de poids.



jean marie








http://demarchcitoyenne.skyblog.com/

Ecrit par : jean-marie | 05.09.2006

"Aujourd'hui, les gens sont moins intéressés par l'immigration que par le chômage et les problèmes économiques, mais la droite ranime la thématique de l'immigration. Alors que ce n'est plus ce que les classes populaires ont prioritairement à l'esprit, les classes supérieures cherchent désormais des boucs émissaires"

C'EST ABSURDE ET FAUX ! La droite pêche justement en minimisant la question centrale de l'immigration.
http://francelatine.over-blog.com/article-2650210-6.html

Ecrit par : phiconvers | 07.09.2006

Sans doute Phiconvers, mais cela n'enlève pas grand chose à la pertinence globale de l'analyse et aux questions qu'elle soulève.

Ecrit par : Yves | 07.09.2006

Yves, c'est tout de même un point fondamental...
sur la question des sondages, je recommande l'excellente contribution de ce bon Allègre dans l'Express de cette semaine.

Ecrit par : phiconvers | 08.09.2006

Phiconvers, je n'ai pas lu cet article. Il me semble avoir entendu qu'il râle à juste titre contre les sondages qui font une partie suffisante de l'opinion pour finalement influencer le vote réel. Si il s'agit de cela, il ressort et met en avant un argument, je le répète parfaitement justifié, à un moment où ça l'arrange pour tenter de remettre son ami Jospin en selle.
Il s'agit certes d'un vice du système de liberté qui est le nôtre, presque aussi vicieux que l'influence du 4ème pouvoir, avec lequel il se conjugue pour aboutir à quelque d'excessivement pernicieux à eux deux !
La seule parade, on en sera probablement d'accord: l'éducation du citoyen. Cette éducation est en partie faite par l'éducation nationale... Gulps, oui, mais l'EN, est entièrement contrôlée par ses syndicats...!
Le mal français est décidément bien profond, et probablement plus que d'une rupture, c'est d'une révolution dont nous avons besoin. Ou alors, considérant que la France ne vit plus véritablement en démocratie, peut être vaut il mieux considérer qu'il faut laisser ces gens là se débrouiller entre eux et les laisser s'exploiter entre eux pour financer leur modèle social.

Ecrit par : Yves | 09.09.2006

Une vision des choses sur la classe moyenne qui souffre.

http://classemoyenne.hautetfort.com

Ecrit par : eric | 23.09.2006

Il n'y a pas de fenêtre "commentaire" pour l'article : "Qui a dit.."

Juste aprés le premier sondage sorti le 29 juin dernier concernant l'opinion des électeurs socialistes sur le projet qui leur avait été présenté (55 % des sympathisants PS ne le trouvaient ni ambitieux ni imaginatif), Bernard Kouchner enfonçait le clou en déclarant que ce projet comportait plusieurs "aberrations", comme l'abrogation de la loi Fillon sur les retraites, le retour à l'âge de 60 ans, et pointait également des "contresens" comme la renationalisation d'EDF ou encore "la suppression de la franchise de 1 euro sur les consultations médicales, symbole même de la responsabilisation des citoyens".
Selon lui, "la gauche française souffre d'une forme de frilosité qui tourne au conservatisme", reprochant au PS de n'être "qu'un vieux parti habitué à ses combats et ses slogans".
Déjà, au gvt de Jospin, il avait publiquement regretté que ses deux ministres de tutelle (Aubry et Guigou) refusent de surseoir à l'application des 35h à l'hôpital alors qu'il les avait prévenues du grand désordre que cela risquait de provoquer.

Quant à J.M.Bockel, il a depuis le début trés sévèrement critiqué ce projet lui reprochant de contenir trop de vestiges d'un "socialisme rigide". et regrette "le mélange d'idéologie et de volontarisme rigide qui commande l'extension des 35h", le pb d'EDF, l'abrogation de la loi Fillon ce qui pour lui "entretient une funeste illusion : les Français attendent la vérité et l'allongement des cotisations est inéluctable".
Il préconise aussi un CDI unique, permettant d'assurer "un nouveau compromis entre mobilité et sécurité".
Le plus marquant est que Bockel a lancé avec Christian Blanc UDF et Alain Lambert UMP un "Comité d'action pour la modernisation de la France" !!

Malheureusement, ça ne fait que deux voix réformatrices et modernes à s'élever au sein de ce PS Français englué dans ses vieilles nostalgies marxistes. Ce sera tout à fait insuffisant pour compter en 2007.

Ecrit par : Anne | 24.09.2006

Vous avez écrit : « En effet je dénonce l'imposture de la gauche française pervertie dans un dévoiement exceptionnel et unique dans le monde développé vers des comportements sectaires, corporatistes, mafieux, ... dérives camouflées sous des couvertures idéologiques, et tout ceci sans rapport avec la gauche telle qu'elle devrait être: c'est à dire réaliste et tenant compte du monde tel qu'il est aujourd'hui.. »

Je ne peux que vous rejoindre dans votre appréciation de cette triste réalité…

Vous pouvez consulter mon Blog :

http://euroclippers.typepad.fr/

La réalité mafieuse du PS est pire que tout ce que vous pouviez imaginer !...

Cordialement

Jean-charles Duboc

Ecrit par : Jean-Charles Duboc | 02.10.2006

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