30.06.2007
Une dernière fenêtre de tir idéale pour le renouveau du socialisme français

Alors que peuvent faire nos pauvres socialistes qui n'ont pas fait leur Bad Godesberg, quand il aurait fallu le faire, il y a 40 ans comme le SPD allemand ?
Proposer de la sueur et des larmes ?
Continuer à promettre des chimères, non tenues au pouvoir si bien qu'ils sont chassés à la première élection ?
Non, tout simplement dire enfin la vérité qu'ils sont seuls à pouvoir faire avaler une partie suffisante de leur électorat. Proposer une politique alternative de redressement, compatible avec un "monde mondialisé", face à une droite s'étant dernièrement enfin légèrement déportée à droite vers un "extrême centre gauche" !
Et oui, notre droite, s'étant depuis si longtemps située de fait à gauche économiquement des gauches européennes allemandes ou anglaises, américaines est aussi totalement coresponsable tant du positionnement jusque boutiste du PS que des situations d'alternances politiques si contre productives que nous avons subies depuis l'après guerre !
Il est absolument certain qu'une gauche française enfin réaliste peut devenir une alternance enfin crèdible et de ce fait enfin recueillir une majorité, et participer alors positivement à l'alternance au pouvoir.
L'erreur est de croire l'electorat très figé. Si l'offre change et devient enfin crédible, le succès sera au rendez vous; et le cercle vertueux enfin trouvé.
Gageons que vérité et repositionnement général l'emporteront pour enfin stopper notre déclin et retrouver le chemin du progrès. Le moment est idéal, il y a fenêtre de tir possible, la droite semble enfin vouloir faire son boulot, à la gauche de jouer et faire enfin le sien ...!!!
12:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : socialisme, bad godesberg, rénovation, droite située à gauche, déclin
05.05.2007
Les coulisses du débat Royal Sarkozy du 2 mai
14:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Sarkozy, débat, dessous, oreillette, notes de sarko
14.03.2007
Bayrou roue de secours des corporatismes et réactionnaires français !!!
Les médias enterrent à la hâte leur précédent bébé, Madame Royal, et accouchent aux forceps François Bayrou.
S’agit il d’une tactique connue et délibérée des journalistes consistant à sur médiatiser un suspense irrésistible que l’on crée afin de faire de l’audience avec du sensationnel ? :
• sur une personne "nouvelle" dans le paysage politique
• sur la montée possible d'un irrésistible 3 ème personnage au 2 ème tour
Oui, mais pas seulement. La manipulation médiatique est plus profonde, plus grave de conséquences.
En effet,
Qui en France n’a pas plus ou moins conscience des graves perversions menaçant notre démocratie ? En effet:
En France, les Ministres passent, la haute administration reste. Qui entre les deux voyez vous gouverner réellement ? Les Ministres ?
De quel pouvoir hiérarchique dispose la haute administration sur des cohortes de fonctionnaires inamovibles, dont l’évolution ne se fait pas au mérite mais à l’ancienneté, et solidement tenus par des syndicats au statut encore plus protégé que celui des fonctionnaires eux mêmes ? Qui dispose du pouvoir réellement, la haute administration, ou les syndicats ?
Ces constats et questions simples nous amènent à conclure sans nous tromper hélas que les syndicats détiennent le pouvoir en France aux dépends de la haute administration et du pouvoir politique disposant pourtant d’une légitimité résultant des élections autrement plus probante que nos syndicats si peu représentatifs.
Qui en France n’a pas également plus ou moins conscience que par un processus proche, et quel que soit l’actionnaire, privé ou public, le pouvoir au sein de la plupart des rédactions est aussi exercé par les syndicats, SNJ et autres ?
Qui n’a pas été frappé de voir cette chasse aux sorcières proche du Maccarthysme dans les médias aux dépends de journalistes ou éditorialistes qui déplaisent à la pensée unique distillée par les médias, alors que les procureurs aboyant sur tous les plateaux ne sont pas le moins du monde inquiétés.
A la lumière de ces constats, qui ne voit que les syndicats français, tenants du statu quo, défenseurs de tous les corporatismes, de toutes les gabegies :
• budgets pharaoniques pour l’éducation nationale sans résultats probants
• embauche de 900 000 fonctionnaires supplémentaires depuis 1981, pour un service au public à l’évidence non supérieur
• services publics plus au service de ses agents que du public, sans grand soucis d’efficacité
• subventions à des myriades d’associations aux budgets et objectifs pas forcément « limpides »
• dérives financières dignes de Républiques bananières entre syndicats, comités d’entreprise, associations, …
• …
qui ne voit donc que les syndicats français, si peu représentatifs, mais si puissants dans l’administration, dans les rédactions jouent les candidats les moins dangereux pour le statu quo.
Jusqu’à peu, ils nous ont vendu le produit Royal, celui-ci n’ayant pu cacher suffisamment longtemps avant les élections sa vraie nature bien commode pour la préservation de ce statu quo, d’inconsistance et d’incompétence, et bien ils nous vendent leur produit de substitution, le centriste mou François Bayrou. Bayrou n’est assurément pas de gauche, mais à défaut d’un candidat vendable de ce côté, les rédactions à la solde du pouvoir syndical nous vendent à la va vite le moins dangereux pour la préservation du système bananier. Bayrou, n’a jamais fait preuve de volonté aux affaires, personne n’est d’ailleurs capable de citer une décision courageuse de sa part, Bayrou durant ses années de présence à l’éducation nationale n’a rien fait, et a juste cogéré avec les syndicats Monique Vuaillat du SNES et autres réactionnaires notoires en tête.
Bayrou, le centriste mou asexué n’est finalement que la roue de secours des corporatismes réactionnaires français cherchant à préserver leur fromage au travers des syndicats, voilà ce qu’on veut maintenant nous vendre, voilà ce qu’il faut éviter à la France qui coule de plus en plus rapidement avant qu’il ne soit définitivement trop tard. On ne peut attendre et perdre à nouveau 5 ans, cette fois, il sera trop tard.
Dénonçons le stratagème et la manipulation. François Bayrou est le dernier avatar du système qui se meurt, il est la sortie de l'entonnoir ou veut nous mener la manipulation médiatico syndicale qui a échoué à nous vendre Ségolène Royal et qui veut tout sauf Sarkozy. On sait pourquoi.
14:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, roue de secours, incompétence, gabegie, corporatisme, syndicats
23.01.2007
"Phénomène" Ségolène et Yalta ...
Je vais remonter loin, je pense que nous payons à plein le Yalta français de 1945, où de Gaulle pour sauver la France du communisme leur a donné plein de gages. Des gages au niveau du monopole syndical, des divers monopoles publics et de services publics, divers postes, statuts clés, ... bref, une grande partie du tissu intermédiaire du pays est aujourd'hui non plus infiltré, mais contrôlé horizontalement depuis longtemps par les descendants communistes ou non, mais rouges-roses de ceux de 1945.
Ainsi, à des degrés plus ou moins forts, ils contrôlent via les syndicats les diverses administrations, si bien que la haute administration n'agit pas sans eux, et donc les ministres...
La forteresse éducation nationale en est un exemple aux conséquences excessivement perverses de par ses échecs et l'abaissement du niveau moyen mais surtout de par l'influence exercée par l'idéologie insidieuse insufflée générations après générations à nos chères têtes blondes. Le bas niveau de sortie abaissant ipso facto l'esprit critique vis à vis de ce qui a été inculqué...
Les services publics au service en priorité d'eux mêmes bien avant le public, grace au monopole et à des syndicats intouchables.
Aussi grave sur nos cerveaux que l'éducation nationale, la presse quasi verrouillée horizontalement par ses divers syndicats SNJ ou autres ou ses monopoles sur la presse écrite via les NMPP; si bien que les pratiques de cooptations ou d'avancements aboutissent à l'enquête effarante récente de 94% de journalistes à gauche (dans Marianne il me semble). Ceux qui hurlent sur le pseudo contrôle exercé via le capital par Lagardère ou d'autres tentent de nous faire croire qu'ils peuvent contrôler les rédactions. Bien essayé, mais les faits prouvent le contraire.
Nul doute que cette main mise sur bien des rouages de l'état, alliée à une politique de redistribution vers les déshérités du système, le système par son coût générant d'ailleurs de plus en plus de déshérités, nul doute donc que ce système appelé "modèle social français" ne génère une quasi majorité pour ceux nombreux, aisés ou non, qui bénéficient de la pompe à transferts folle.
Alors oui, dans ce dernier pays évolué, rouge sans le dire à l'ouest de l'ancien rideau de fer, même le cheval ou la jument de Ségolène aurait des chances d'être élu, tant nos apparatchiks de gauche ont su se créer d'affidés conscients ou non.
De Gaulle, qui avait une vision, une volonté, une capacité à communiquer, hors pair n'avait certainement pas imaginé les conséquences de ce Yalta français et la pusillanimité de ses successeurs qui ont préféré laisser vivre et prospérer le système pervers plutôt que de le réformer.
13:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : yalta, gauche, socialisme, apparatchicks, modèle social français, pervers, sexe
19.10.2006
Immigration, tolérance contre intolérance
Très intéressante cette interview du fils d'Amine Gemayel sur la situation actuelle au Liban; et au point 7 très révélatrice, de la part d'un "connaisseur" du problème, des aveuglements et de la naïveté de notre classe intello médiatique s'agissant chez nous des problèmes d'intégration et des banlieues.
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Fils d’Amine Gemayel (frère de Bachir et président du Liban de 1982 à 1988), Samy Gemayel s’est fait remarquer dès 1997 par son activisme parmi les jeunes chrétiens s’opposant à l’occupation syrienne. Il deviendra ensuite le responsable des cellules étudiantes des jeunes du mouvement Kataeb. A la veille du premier congrès de l’Alliance Loubnanouna, il a accepté de répondre à nos questions.
Ci après son interview:
1) Le Liban panse peu à peu les blessures profondes laissées par l'affrontement entre le Hezbollah et Israël et les féroces bombardements israéliens, quel regard portez-vous sur ces évènements? Quels en sont pour vous les principaux responsables?
Cette guerre fut catastrophique pour le Liban et les Libanais. Des centaines de milliers de réfugiés, des milliers de maisons et de bâtiments détruits, 12 milliards de dollars supplémentaires à une dette qui atteignait déjà 40 milliards avant la guerre, des centaines de milliers de Libanais se sont retrouvés sans travail… La responsabilité retombe sur la partie qui a lancé cet engrenage de violence et qui est le Hezbollah sans pour autant justifier la réponse disproportionnée d’Israël notamment à l’encontre de l’infrastructure libanaise. Cependant, il est impératif d’évoquer parmi les responsables la totalité de la classe politique au pouvoir, pendant l’occupation syrienne, qui laisse faire depuis des années le Hezbollah et lui permettent de conserver sa milice armée ce qui menace directement le pluralisme social au Liban.
2) Face à l'agression israélienne, êtes-vous comme certains chrétiens partisan d'une "union nationale" derrière le Hezbollah?
Nous sommes partisans d’une union nationale contre les armes du Hezbollah. Cet armement est contre tous les principes constitutionnels Libanais et internationaux.
3) Pensez-vous que le Hezbollah sort affaibli ou renforcé de ces très violents affrontements? Est-ce une bonne nouvelle pour le Liban en général et les chrétiens en particulier?
Il ne fait aucun doute que le Hezbollah sort matériellement affaibli de cette guerre. Moralement, il conserve néanmoins son agressivité dans ses discours menaçant les libanais ce qui dissuade tous ces détracteurs qui n’ont pas envie de se frotter à une organisation qui est connue pour son activité sécuritaire. En plus les populations du monde arabe perçoivent le Hezbollah comme étant le seul à avoir vaincu Israël durant les 60 ans de conflit Israélo-Arabe. Mais ou est l’intérêt du Liban dans tout cela ?
4) On a beaucoup entendu parler en France de la souveraineté du Liban, que pouvez-vous nous dire de celle-ci? Quelle est la liberté et la souveraineté réelle du Liban par rapport à la Syrie, au Hezbollah ou à Israël?
La souveraineté Libanaise est une réalité, ce sont les libanais qui ne veulent pas l’appliquer. Les conflits internes sont tels que chacune des communautés libanaises principales s’accroche à un ou des alliés régionaux ce qui pose les limites de la souverainete de l’Etat
5) Face à l'explosion démographique des musulmans du Liban, quelle est la perspective des chrétiens?
Les chrétiens doivent penser profondément à ce problème qui constitue la menace numéro un pour leur survie, ajouté à l’émigration massive de ses jeunes diplômés. Ils doivent absolument commencer à préconiser un Etat composé dans lequel chacune des communautés peut préserver sa présence politique et culturelle. L’Alliance Loubnanouna doit mettre fin aux tentatives très sérieuses d’effacer l’identité des chrétiens du Liban, seule personnalité chrétienne imposante du Moyen Orient, qui s’est formée depuis des siècles et s’est écrite souvent avec du sang. Nous avons aussi l’intention d’exposer, dans notre premier Congrès du le 5 Novembre 2006, l’introduction de notre projet de 3e république, au nom du pluralisme libanais.
6) Qu'est-ce que cela représente pour vous de porter le nom de Gemayel?
Porter le nom Gemayel est une Fierté. Cette famille a tellement donné à ce pays et à la cause chrétienne en général que je ne peux que continuer un combat qui dure depuis des siècles. C’est donc aussi un Devoir.
7) Quel regard portez-vous sur la situation politique française et européenne?
La France connaît de grands changements au niveau du caractère des institutions et de l’identité de l’Etat. Les deux crises sociales qu’ont subi les français ces derniers mois (crise des banlieues et CPE) ne sont pas des crises passagères ; elles démontrent un malaise social dont la base se trouve dans des banlieues. Et malheureusement le noyau moteur dans les banlieues n’est pas français et n’a pas la même culture de respect de l’autre que la majorité des français et ce problème ne va faire qu’augmenter ces prochaines années. La totalité du modèle laïc français sera remis en question. De plus, peu de français se rendent compte du danger du changement démographique qui commence à transformer la culture et l’identité de la société française, ce qui nous gêne tout particulièrement.
Propos recueillis par Philippe Vardon
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : intégration, banlieue, islam, tolérance, intolérance, laïcité, aveuglement intello médiatique
06.10.2006
Les européens ne défendent plus leurs valeurs...
Ci après une interview du politologue et professeur d'université allemand Bassam Tibi. Musulman de nationalité allemande et d'origine syrienne, il livre ici une analyse passionnante sur les dangers résultant de notre grande incompréhension et méconnaissance, en tant qu'occidentaux, de la culture et des valeurs de l'Islam; ce, surtout à un moment où ces deux mondes se côtoient de plus en plus et s'interpénètrent plus douloureusement et difficilement que d'autres.
A titre d'exemple, selon lui, cette incompréhension débute déjà avec un énorme quiproquo sur le sens des mots; ainsi le sens que nous accordons nous à l'une de nos valeurs principales, la tolérance...
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http://www.spiegel.de/international/spiegel/0%2C1518%2C440340%2C00.html
October 2, 2006 INTERVIEW WITH GERMAN ISLAM EXPERT BASSAM TIBI
"Europeans Have Stopped Defending Their Values"
For years, political scientist Bassam Tibi has been urging Muslims to integrate into European societies and Europe to stand up to Islamists. He spoke with SPIEGEL about the weakness of Europe, the orthodoxy of Islam and what Germany needs to do to open up.
DDP
Bassam Tibi, 62, was born in Damascus, Syria and came to Germany when he was 18 to study in Frankfurt. He has been a German citizen since 1967.
SPIEGEL: The administrator of one of Berlin's opera houses, the Deutsche Oper, has cancelled the Mozart Opera "Idomeneo" out of fear of an Islamist reaction. Is this the first sign of Germany bowing down to Islam?
Tibi: It's not the first sign, but rather a repeated one. Recently we have been seeing more and more acts of submission, the most recent case being the Pope's apology. When it comes to Islam, there is no freedom of the press nor freedom of opinion in Germany. Organized groups in Islamic communities want to decide what is said and done here. I myself have been dropped from numerous events because of threats.
SPIEGEL: You are trying to say that critics of Islam are systematically silenced in Germany?
Tibi: Yes. Even the comparatively moderate Turkish organization DITIB says there are no Islamists, only Islam and Muslims -- anything else is racism. That means that you can no longer criticize the religion. Accusing somebody of racism is a very effective weapon in Germany. Islamists know this: As soon as you accuse someone of demonizing Islam, then the European side backs down. I have also been accused of such nonsense, even though my family can trace its roots right back to Muhammad and I myself know the Koran by heart.
SPIEGEL: You have said numerous times that the conflict between the Western world and Muslim groups here is an "ideological war."
Tibi: The result of a conflict between two sides is that people politicize their cultural backgrounds. In Germany representatives of the Islamic communities try to hijack children who are born here, along with the entire Islamic community, to prevent them from being influenced by the society which has taken them in. Children born here are like blank sheets on which you can write European or Islamic texts. Muslim representatives want to raise their children as if they don't even live in Europe.
SPIEGEL: Many Germans believe that communities should live together peacefully without any parallel societies. Is it therefore right to compromise in order to avoid antagonizing Muslims unnecessarily?
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Does Islam present a threat to the West?
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By Neanderthal75 Tibi: Quite the opposite. The Islamic officials who live here are very intelligent and view this as weakness. Muslims stand by their religion entirely. It is a sort of religious absolutism. While Europeans have stopped defending the values of their civilization. They confuse tolerance with relativism.
SPIEGEL: When something insults Muslims, we often tend to just back off -- doesn't this help defuse the conflict?
Tibi: No. That is simply giving up. And the weaker the partner is viewed by the Muslims, then the greater the anger which they express. And this anger is often carefully staged. The argument over the cartoons for example was completely orchestrated. Nothing was spontaneous. A lot of people don't know if Denmark is a country or a cheese. Where did they get the Danish flags? Protests like these are weapons in this war of ideas. Or take another example: The president of the Iranian parliament was visiting Belgium where he had an appointment with a female Belgian colleague. He refused to shake her hand, so she didn't meet with him. He left Belgium and accused her of racism. The accusation of cultural insensitivity is a weapon. And we have to neutralize it.
SPIEGEL: Can the Islam conference which the German minister of domestic affairs, Wolfgang Schäuble, organized in Berlin last week, help in this regard?
Tibi: No, because the biggest taboo is that there even is a conflict at all. Everyone denies that. Instead people talk about misunderstandings and how these should be resolved. But a conflict of values is not a misunderstanding. Islamic orthodoxy and the German constitution are not compatible. And that is why the Islam conference failed.
SPIEGEL: So what's the answer then?
Tibi: Muslims have to give up three things if they want to become Europeans: They have to bid farewell to the idea of converting others, and renounce the Jihad. The Jihad is not just a way of testing yourself but also means using violence to spread Islam. The third thing they need to give up is the Shariah, which is the Islamic legal system. This is incompatible with the German constitution. There are also two things they need to redefine.
SPIEGEL: Which are?
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Tibi: Pluralism and tolerance are pillars of modern society. That has to be accepted. But pluralism doesn't just mean diversity. It means that we share the same rules and values, and are still nevertheless different. Islam doesn't have this idea. And Islam also has no tradition of tolerance. In Islam tolerance means that Christians and Jews are allowed to live under the protection of Muslims but never as citizens with the same rights. What Muslims call tolerance is nothing other than discrimination.
SPIEGEL: How many of the 3 million Muslims living in Germany would agree to these demands?
Tibi: A few thousand perhaps.
SPIEGEL: And what about the organizations at the Islam conference? After all, they all clearly said that they accept the German constitution. They also stated that it is allowed to change religion or to have no religion at all, even though the Shariah punishes a loss of faith with the death sentence. Is this a credible statement?
Tibi: I doubt that these statements are correct. Only representatives of organized Islam went to Schäuble's conference. Schäuble's problem is terrorism. And when the organizations tell him: "We are against terrorism," then everything is hunky-dory. But that is not a policy.
SPIEGEL: So who should Schäuble talk to? To you? For many years you have been a proponent of an enlightened form of Euro-Islam -- a topic which has been much discussed. But you are pretty much a lone voice.
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Tibi: I support reforming Islam and I am not alone in this. Next month I'm meeting 20 other Islamic reformers in Copenhagen. We are trying to reinvigorate the tradition of enlightening Islam. But our mistake is that we are not united.
SPIEGEL: And apart from these scientists and thinkers?
Tibi: It would be much more important to have enlightened Imams. But when the Alfred Herrhausen society wanted to invite a German-speaking Imam with European ideas to a discussion, no one could be found. In the end they took the Grand Mufti of Marseille. And why are there such people in France and not here? Because the French state and French society has worked on developing them.
SPIEGEL: So the German state should reform Islam?
Tibi: Of course not. But the French state helped set up a council of Muslims which was completely in line with European values. If the French state had not been involved, the council would have probably been in the hands of the Muslim Brotherhood. This is a challenge facing civil society, but the state also has to help. By staying neutral, as is the case here in Germany, you are handing victory over to the Islamists.
SPIEGEL: Schäuble is looking for partners who can help in the teaching of Islam in schools and the training of Imams.
Tibi: That is a good start. The important thing is that the teachers must be trained here and that the state and the society decides on the curriculum.
SPIEGEL: You have often said that the integration of Muslims in Germany has failed. And that integration can only be achieved by "educating a civil society." But who should do this and who decides who needs to be educated?
Tibi: I am thinking in particular about the re-education programs which were carried out in Germany after the Third Reich. Social studies teachers and political science faculties were given the task of turning young people into democrats. That worked then. Why shouldn't we have a similar model for Muslims? In youth clubs, or during Islamic instruction in schools. Of course it takes a long time, 50 years say, but we have to start.
SPIEGEL: But how do you expect to draw the third generation away from the influence of the mosques?
DPA
Inside the Sehitlik Mosque in Berlin.
Tibi: I don't have any clear idea either about how this should be done. The situation is this: young Muslims want to be "members of the club," part of German society. But they are rejected. And parallel societies provide warmth. It is a vicious circle.
SPIEGEL: But what is astounding is that you see yourself also as an example of failed integration. You have been working for 30 years at a German university, you have written 26 books in German and have been awarded the Federal Cross of Merit. Why, out of anyone, are you not integrated?
Tibi: It's more to do with a feeling of belonging. In Germany it is not a contradiction to say, Mr. Tibi is Syrian and has a German passport. In France however it is. And in America it would be a reason to take someone to court, as you are excluding them from American society. Even after 40 years here, I'm still not German. I also believe that I have not progressed higher as a professor here because I am a foreigner. When I retire I will be leaving Germany and going to Cornell university.
SPIEGEL: That sounds quite sad. What should Germany do?
Tibi: We need to see a change in culture among Germans too. We must change this idea that only those who are born here and have ethnically German parents, are seen as German. Almost 20 percent of the people living in Germany today have a foreign background. The problem is that Germany can't really offer foreigners an identity because the Germans hardly have a national identity themselves. That is certainly a result of Auschwitz. America's strength is that it is capable of accepting people into its communities.
Interview conducted by Cordula Meyer and Caroline Schmidt
Translated from the German by Damien McGuinness
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : dangers incompréhension, islam, musulman, culture occidentale, quiproquo
23.09.2006
Qui a dit...?
Qui a dit :
1. « Je ne crois pas au projet du PS, qui n'est pas une réflexion commune, mais un ramassis des pensées des uns et des autres. Allons-nous rationaliser EDF, ce qui ne serait pas sérieux ? Laissera-t-on les Français qui le veulent travailler plus de 35 heures ? Allons-nous conserver nos départs à la retraite à 57-58 ans alors qu'en Allemagne, c'est 68 ans ? Je veux aussi que l'on parle d'Europe ! La différence au PS entre le « oui » et le « non » lors du référendum reste une fracture importante. »
2. « Ainsi, nous nous positionnons de manière critique sur le projet socialiste, en refusant la renationalisation d'edf, en portant attention à la dette et à la crédibilité économique, sans dire n'importe quoi sur les retraites ou les 35h... »
ou encore :
« Le projet PS ne propose aucune réforme de l'Etat providence, ni un autre rapport de l'entreprise avec la société. Il ne permettrait pas non plus une amélioration du chômage en France qui continuerait à osciller entre 8% et 12% de la population active. »
1. Bernard Kouchner
2. Jean Marie Boekel
oups, ils sont de gauche !
18:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paradoxe, gauche, droite, rénovateurs, archaïsme, Kouchner, Boekel
01.09.2006
« Les deux grands partis n'intéressent plus personne »
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Comme de temps en temps, je me permets de reproduire un article ou une intervention apportant un regard neuf et original sur la situation politique et sociale de notre pays. A côté du problème de la teneur et de l'impact du discours politique, de son passage vers l'opinion via les relais de communication, cette analyse est aussi un révélateur de plus des méfaits de notre 4ème pouvoir médiatique qui fait et défait hommes et idées pour agiter la courbe d'audience comme on mâche un chewing gum et le jette quand il n'a plus de goût; tout ceci finalement à la surface des choses et en déconnexion des vrais préoccupations des gens. Mais je vous laisse à une lecture bien plus riche que mes modestes propos et qui ne peut que nous amener toutes tendances confondues à de nouvelles reflexions:
Interview Emmanuel Todd, Sociologue et démographe
« Les deux grands partis n'intéressent plus personne »
Un an avant la présidentielle de 1995, il avait été le premier à théoriser la fameuse « fracture sociale ». Plus de dix ans après, il constate que les classes moyennes sont à leur tour entrées en dissidence politique.
Propos recueillis par Christophe Deloire
Le Point : Votre fameuse note de 1994 sur la « fracture sociale » avait inspiré Jacques Chirac pendant sa campagne pour l'élection présidentielle de 1995. Serait-elle toujours pertinente ?
Emmanuel Todd : Un événement nouveau s'est produit depuis cette note où je décrivais comment la gauche s'était détachée du peuple. A l'époque, les classes supérieures contrôlaient encore les classes moyennes. Ces dernières croyaient volontiers à la pensée libérale, européenne. Mais le référendum sur la Constitution prouve qu'après les classes populaires elles sont entrées à leur tour en dissidence politique. C'est un fait crucial. L'idée dérivée du marxisme selon laquelle l'Histoire est faite par le prolétariat est fausse. La Révolution française, la révolution russe et même le nazisme se sont joués dans les classes moyennes.
Est-ce à dire que la période est prérévolutionnaire ?
Je n'ai pas en tête l'image de la Révolution. Je songe plutôt à ce moment de l'histoire de Rome où le peuple, la plèbe, a fait sécession et s'est retiré dans un quartier de la ville pour contester le pouvoir des patriciens. Les classes moyennes, ça pèse très lourd. Déjà, Aristote estimait qu'un système politique doit s'appuyer sur des classes moyennes prospères et stables.
Pourquoi n'éprouvent-elles plus le même respect pour l'élite ?
Le discours de l'adaptation à la globalisation économique et financière n'est plus perçu comme moderne et raisonnable. Les partis politiques qui ont été désavoués au dernier référendum sont qualifiés de raisonnables dans les journaux, mais la population les trouve déraisonnables. Ces partis ont en commun l'incapacité de réguler la mondialisation. Les classes moyennes veulent une Europe capable de protéger, et qui ne soit pas le cheval de Troie de la globalisation.
Avons-nous le choix de nous opposer au marché ?
Au marché sans régulation, évidemment. Mais les gens d'en haut acceptent le libre-échange, car les inégalités ne sont pas graves quand on est du bon côté. Ces puissants sont confrontés à une population qui refuse leurs projets ou leur absence de projets. Si bien que les classes dirigeantes tentent d'empêcher que le désir de la population s'exprime à travers le vote. Elles tentent de neutraliser le suffrage universel.
Comment ?
Les gens ont le sentiment que ce qui les intéresse, ce qu'ils souhaitent, est interdit de débat public. Le corps électoral est obligé de ruser avec une classe dirigeante qui n'en fait qu'à sa tête. Comme les électeurs voient que les politiques refusent d'agir, à chaque élection ils éconduisent le vainqueur précédent.
L'alternance n'est-elle pas une vertu démocratique ?
Au dernier référendum, j'ai voté « oui », mais le « non » a gagné, et les gens du « non » doivent être entendus. A la prochaine présidentielle, l'un des deux grands partis va-t-il représenter les gens du « non » ? Je n'en suis pas certain. Alors existe la menace d'un triomphe du Front national. Au stade actuel, je pronostique un second tour entre le Parti socialiste et le Front national.
Ces perspectives sont-elles la conséquence de l'échec des politiques ?
Ce serait l'ultime illusion de croire que c'est la faute des hommes politiques. Ces derniers ne peuvent agir qu'en relation avec une idéologie dominante. Ce système de croyances, qui dit que seules les privatisations, le marché et le libre-échange sont concevables, ne convainc plus. Les notes des inspecteurs des finances invoquent la théorie des avantages comparatifs de Ricardo comme si c'était un canon de l'Eglise. On ne le croit que dans un microcosme.
Pourquoi la résistance à la mondialisation semble-t-elle une exception française ?
La France ne fait pas exception. Simplement, si elle est faible du point de vue de la créativité en science économique par rapport aux pays anglo-saxons, elle produit et parfois exporte de la sociologie et de la révolte politique. Même les enfants d'immigrés y sont politisés comme nulle part ailleurs. Il y a chez nous une valeur égalitaire qu'il n'y a pas en Grande-Bretagne, liée à l'héritage des structures familiales. Outre-Manche, la primogéniture et le testament étaient en vigueur. L'Angleterre est le pays des différences acceptées. A l'inverse, dès le XVIe siècle, la famille paysanne du Bassin parisien était fondée sur une valeur d'égalité féroce, comme c'était le cas à Rome sous le Bas-Empire. Si l'on comprend que nos schémas mentaux viennent de Rome, vous imaginez bien que ce n'est pas en quelques années que l'on va changer les moeurs françaises.
Du point de vue des immigrés, l'égalité n'est-elle pas seulement formelle ?
Le rapport d'égalité permet de comprendre pourquoi le pourcentage des mariages mixtes est si élevé en France par rapport aux autres pays. Nous avons l'idée que les hommes sont les mêmes partout. La variable égalitaire permet de dire que, si les populations immigrées ne sont pas trop différentes en termes de moeurs, l'intégration sera plus facile qu'ailleurs. Sinon, il y a un potentiel de rejet très fort. C'est parce que la famille immigrée se désintègre plus vite en France qu'en Grande-Bretagne que les problèmes de délinquance y sont aussi importants.
C'est la raison du vote d'extrême droite ?
A partir du milieu des années 80, les classes supérieures refusaient de constater que les milieux populaires avaient un problème avec les immigrés, avec le statut de la femme maghrébine.
A l'époque, le discours des élites était optimiste, multiculturaliste, méprisant envers les classes inférieures. Aujourd'hui, les gens sont moins intéressés par l'immigration que par le chômage et les problèmes économiques, mais la droite ranime la thématique de l'immigration. Alors que ce n'est plus ce que les classes populaires ont prioritairement à l'esprit, les classes supérieures cherchent désormais des boucs émissaires. J'ai d'ailleurs le sentiment qu'est en train de s'opérer un renversement du même ordre pour la thématique sécuritaire.
Il y a une dizaine d'années, les classes privilégiées ne voulaient pas parler du problème de la sécurité dans les quartiers. Maintenant, alors que la société française voudrait entendre parler de modification des règles du jeu économique, elle n'a plus droit qu'à un discours sécuritaire, dont on constate pourtant à chaque élection qu'il ne paie pas électoralement.
L'impopularité actuelle de la droite est le résultat d'un programme sécuritaire. Mais il faut dire que, dans une société de plus en plus inégalitaire, les privilégiés vont vouloir jouir en toute sécurité de leurs richesses. La sécurité est peut-être en train de devenir l'obsession des gens d'en haut.
Ce sont les élites ou les autres classes sociales qui se sont refermées ?
Si vous avez 1 % des gens qui font des études supérieures, et qu'ils sont disséminés sur le territoire, ils ne peuvent pas vivre en vase clos. S'ils constituent 20 % de la population, cela devient possible. Le système politico-médiatique et sondagier est un morceau de système social qui ne tient plus guère compte de la société.
Les études servent pourtant à effectuer des mesures à grande échelle.
Les sondages d'opinion nous entretiennent dans une vision irréelle. Certains sont utiles, mais ils ne sont jamais validés lors des élections. Ils reflètent l'opinion journalistique commune. L'atteinte de l'opinion des milieux populaires est difficile en dehors des périodes électorales. Le combat titanesque à venir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n'existe que dans la tête des journalistes.
Comment sonder le tréfonds du pays ?
Pour mieux percevoir le corps électoral, je recommanderais aux commentateurs de comprendre qu'en matière politique les électeurs français sont moins intéressés mais beaucoup plus compétents qu'on ne le croit.
Quel type de président les Français voudront-ils élire en 2007 ?
Chirac a sérieusement ébranlé l'image du père de la nation. Il faut dire que les systèmes familiaux contemporains n'encouragent pas les images paternelles fortes. De toute façon, cette problématique est très « people ». Les commentateurs sont passionnés par la représentation des gens sur le plan symbolique. Mais les gens se moquent de quel genre serait le personnage qui occuperait l'Elysée, pourvu qu'il ait un programme. La politique ne consiste pas à s'intéresser au style et à la vie affective des détenteurs du pouvoir.
La morale publique est-elle un point important ?
Cela ne passionne pas les gens. Nous ne passons pas notre vie dans un monde de corruption. La contestation du CPE a augmenté quand on a annoncé l'augmentation des profits des entreprises du CAC 40 et du nombre de milliardaires dans le monde. Qu'il n'y ait plus de limites aux privilèges, voilà la question cruciale.
L'affaire Clearstream a pourtant fait couler beaucoup d'encre.
Les deux grands partis politiques n'intéressent plus personne. Ils parlent tout seuls. Donc apparaissent des phénomènes d'hystérisation de choses insignifiantes.
Mais avec cette affaire les journaux ont accru leurs ventes !
20 % d'augmentation de tirage pour un quotidien français, c'est insignifiant à l'échelle de la société française. Cela prouve tout juste l'isolement d'une classe par rapport aux autres. Le dossier a fait apparaître un début de dimension psychiatrique. Comme la situation sociale est immaîtrisable, les élites fuient la réalité.
Les passions politiques des classes supérieures vont se loger dans des préoccupations sans rapport avec l'intérêt de la population, comme aujourd'hui la réintroduction des ours dans les Pyrénées. L'historien de l'année 2030 trouvera que c'était parfaitement secondaire. Non, j'exagère : l'un d'entre eux écrira une superbe thèse d'inspiration structuraliste sur la réintroduction
09:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : politique, écoute, fracture sociale, média, prérévolutionnaire, élite, classes moyennes
10.08.2006
Inciter le capitalisme « financier » d’aujourd’hui à redevenir aussi un capitalisme « d’entreprise »
Nous le constatons tous, ces dernières années le capitalisme a subit une de ces transformations dont il est coutumier. La montée en puissance des fonds de pension anglo-saxon (anglo-saxon, car gauche et syndicats français ont diabolisé le système de retraite par capitalisation, sauf bizarrement pour les fonctionnaires qui bénéficient du système de retraite par capitalisation Prefon !) a ces derniers temps singulièrement changé la donne du capitalisme. Les entreprises ont de gros besoin en capitaux pour financer leur croissance, les fonds de pension ont beaucoup d’argent à placer pour le compte des salariés anglo-saxons plaçant leur épargne en vue de leur retraite. Jusqu’ici, tout va bien ; oui mais il y a un hic, les gestionnaires fonds de pension gèrent la masse de leurs capitaux à investir en opportuniste au mieux des intérêts de leur mandant, à tout moment, au coup le coup, et le système s’affole. Là où les entreprises ont besoin de stabilité dans leur actionnariat pour gérer le moyen et long terme, les fonds de pension, désormais leur principal bailleur de fonds, leur impose un gymkhana abominable et apparemment sans fin les obligeant à naviguer à vue ! :
L’entreprise X offre une bonne rentabilité à l’instant « T », les fonds de pension achètent, oui mais voila, soudain telle autre entreprise Y annonce 1% de mieux, si X ne promet pas d’y parvenir, leurs capitaux migrent sans pitié; et on connaît la suite. La course à l’augmentation de productivité immédiate prime alors sur tout, le profit warning n’est bien souvent qu’une profitabilité dont l’augmentation n’est pas aussi excellente que prévu, les options de R & D focalisées sur le seul court terme, mais surtout le plus difficile à appréhender, c’est le travail vu comme variable d’ajustement du court terme.
On peut comprendre les besoins en flexibilité, les conséquences de l’augmentation de productivité, plus difficilement l’ajustement permettant d’éviter un profit warning de caractère moins opulent. De toutes façons, du point de vue macro économique, le système ne peut vivre que si la création d’activités et d’emplois nouveaux compense au moins ces réductions. En système libéral parfait, tout ceci est supposé s’autoréguler et s’équilibrer automatiquement dans le temps. C’est sans doute parfaitement vrai, mais désormais au niveau mondial, global, plus au niveau d’un pays ou même d’un continent.
Notre problème est bien au sein de cette économie mondialisée de préserver, ou plutôt de retrouver en France un système économique et social viable et cohérent.
Alors que faire ?
• Fermer les frontières ? Non, ce serait à l’évidence suicidaire et provoquerait des effets contraires à ceux recherchés.
• Adopter des solutions collectivistes : Non, cela reviendrait au point précédent, et nous ferait rejoindre la Corée du Nord dans son isolement agressif et son replis mortel.
• Jouer sur la monnaie ? Non, ce jeu est terminé depuis l’Euro, et nous avons repoussé sine die toute chance d’une politique européenne cohérente avec le lamentable échec du referendum européen en France.
• J’ai bien pensé à un système entre entreprises françaises, du type distribution et échange de permis de licencier similaire au permis de polluer. Inapplicable, usine à gaz à monter et psychologiquement peu positif !
• Par contre, on pourrait sans difficultés d’application majeures réduire l’inconvénient grave de notre fiscalité qui consiste à faire peser les charges sociales majoritairement sur le travail ce qui revient à faire payer aux acheteurs étrangers de nos produits le coût de notre protection sociale et de nos choix en la matière. C’est pourquoi je pense depuis des années que transférer des charges sociales du salaire vers la consommation via la TVA constitue une solution en tous points positive. Allègement des coûts de revient des produits obligatoirement intégralement réaffectés en augmentation de salaires compensant l’augmentation des prix sur le marché intérieur. Produits français en conséquence sensiblement plus compétitifs tant sur le marché intérieur qu’à l’export. … Rien que des avantages, seul inconvénient, il faut du courage pour faire bouger le système en profondeur face aux idéologues de tous poils!
• Enfin, ayant rejeté l’idée du droit à polluer / licencier, j’en suis venu à une idée bien plus simple et plus séduisante car elle s’intègre parfaitement dans la logique du système capitaliste : Pourquoi ne pas lier le taux d’imposition sur les bénéfices au taux de variation de la masse salariale au bilan sur les activités en France (dont on peut penser que l’augmentation est essentiellement liée à l’accroissement de l’emploi). Plus la masse salariale augmente et plus le taux d’imposition sur les bénéfices baisse, et vice versa. Beaucoup d’avantages : ce que fiscalement l’état ne perçoit plus en IS, il le retrouve sur la consommation et sur le moindre taux de chômage; une entreprise qui se crée ou se développe paye peu ou pas d’IS ; une entreprise insuffisamment créative pour accroître son activité en France se voit pénalisée sur son IS ; l’intérêt du dirigeant, via sa rémunération ou ses stocks options se trouve mieux lié à celui de ses salariés ; la créativité collective se trouve mieux liée à l’emploi ; …
Ces deux dernières mesures en lesquelles je crois beaucoup pourraient relancer parfaitement sainement l'activité et l'embauche dans le secteur marchand, sans côuter 45 000 euros an soit à peu près 2,5 SMIC par emploi, non pas créé, mais partagé, avec cette ineptie économique que sont les 35 heures (350 000 emplois nouveaux partagés, pour un côut annuel de plus de 15 milliards d'euros selon la gauche elle même).
Une dernière mesure complémentaire essentielle de relance saine consisterait à inciter encore plus fiscalement les entreprises à investir en R & D.
A vos critiques et suggestions…
09:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, capitalisme financier, capitalisme d'entreprise, inciter fiscalement
31.07.2006
"Libéral": un gros mot; "Ultra Libéral" une insulte !!!
Diaboliser ce qui est hérétique par rapport au dogme, et ainsi fuir le combat idéologique et la confrontation des arguments, telle est l'attitude paresseuse et couarde de la gauche française. Comme de bien d'autres concepts, il en est ainsi du qualificatif de "Libéral" qui plus qu'un gros mot est devenu une insulte qui d'entrée de jeu décrédibilise le malheureux qui s'est aventuré à émettre une opinion hors la norme imposée par le concert intello médiatique français.
Qu'y a t il de si diabolique dans ce Libéralisme ciment de la vie économique et sociale partout dans nos sociétés occidentales, sauf en France ?
Je vous invite à en trouver une excellente définition synthétisée sous la plume de mon amie Anne et reprise ici avec son accord:
Le libéralisme est difficile à cerner, car il n'est pas fondé sur des dogmes intangibles, mais sur des principes.
D'abord la liberté de l'individu qui passe par sa capacité de choisir, de penser et d'agir, l'associant indissolublement aux Droits de l'Homme.
La liberté d'entreprendre en découle naturellement.
L'existence de l'Etat n'est pas remise en cause par le libéralisme : une collectivité ne peut exister sans règles, et qui dit "règles" dit "contrôles". Et l'Etat doit intervenir dans l'intérêt général, pour lutter par exemple contre des effets néfastes et indésirables comme la pollution (produite par quelques uns, elle est subie par tous) : le principe "pollueur payeur" est par essence un principe libéral !
Les libéraux demandent aussi à l'Etat de lutter par la définition de règles de droit contre les asymétries dans les relations entre les citoyens.
Mais loin de le déifier, les libéraux veillent à ce que l'Etat ne se substitue pas aux citoyens.
En France, la toute puissance excessive de l'Etat déresponsabilise ces derniers et conduit de facto à une société inégalitaire !!
Le libéralisme ne s'oppose pas du tout à la protection sociale : la seule limite repose sur le niveau des effets négatifs : trop d'aides qui permettent de vivre médiocrement sans travailler, mais de vivre par exemple ! ou des prélèvements excessifs qui pénalisent les actifs, leurs conditions de vie et le bien-être collectif aussi, jusqu’à les démobiliser.
Une société libérale repose sur la liberté de choisir, principe qui forme le socle de la démocratie ; la concurrence, qui fonde les mécanismes de marché n'est pas autre chose que cette liberté de choix appliquée à l'économie : elle est un gage d'efficacité, et les monopoles dangereux qui restreignent la liberté de choix, réduisent la capacité de régulation seront combattus par le système libéral.
Faute de contre-pouvoirs aux monopoles, ceux-ci donnent des moyens de pression considérables, dont celui de bloquer la collectivité à une poignée d'individus qui les utilisent à des fins personnelles et corporatistes (ça ne vous rappelle rien ?).
Ce que l'on appelle démantèlement du service public n'est que la restitution aux citoyens de leur droit de choisir et le devoir pour le service public d'être régulé !!
L'Etat doit responsabiliser les citoyens, ce qui va à l'encontre des intérêts de groupes de pression qui se le sont appropriés : on comprend mieux les craintes de certains envers le libéralisme, évidemment, surtout en France !!
Il y a de multiples formes de libéralisme, mais chacune se caractérise par le respect des opinions d'autrui, le refus du dogmatisme.
Au final, ce qui fonde le libéralisme, c'est le réalisme.
Il peut y avoir un libéralisme à la Française, permettant une adaptation mesurée de ces principes à notre culture et à nos traditions, tout en sortant du carcans dans lequel nous vivons depuis si longtemps et qui a abouti à un échec cuisant parce que de plus en plus inadapté à notre époque.
16:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Libéralisme, Ultra libéralisme, gros mot, insulte, diabolisation, diaboliser, tactique





